« Seul le bébé mouillé aime le changement »

Publié le 29 Octobre 2013

CCI - Chambre de commerce et d'industrie, Lille.

---Le World Forum Lille s'est tenu du mercredi 23 au vendredi 25 octobre 2013 autour de la thématique du changement, « Yes we change ». Pourquoi ce slogan ? Notre économie évolue à une vitesse étonnante et l'évolution des besoins et attentes en devient plus que proportionnelle. « Rien n'est permanent, sauf le changement » disait Héraclite d’Éphèse. Étant étudiante avant tout, je n'ai pas pu me présenter à l'ensemble des conférences proposées lors de ce forum mais j'ai eu néanmoins l'opportunité d'y participer le jeudi 24 octobre.

 

---Certains sujets laissaient à penser qu'une analyse macroéconomique allait être exposée tels que les « nouveaux modèles économiques » ou encore « les nouvelles tendances mondiales » alors que l'ensemble des conférences étaient très axées sur la microéconomie. Je suis donc un peu restée sur ma faim, c'est un peu comme si vous visualisiez une bande annonce exceptionnelle pour un contenu qui l'est beaucoup moins. Ce ne fut évidemment pas une raison pour faire la sourde oreille. Au contraire, bien étonnant que cela paraisse, les propositions d'ordre microéconomiques pour favoriser le changement corrèlent fortement et positivement avec un même type de métamorphose souhaitable à l'échelle macroéconomique, sur la sphère nationale voire internationale. Les sujets proposés furent les suivant :

 

  • Tendances mondiales, quels sont les nouveaux modèles qui émergent ? Avec Luc VANLIEDEKERKE ( European Business Ethics Network ) ; Aron CRAMER ( CEO ) ; Lord Michael HASTINGS ( Global Head of Corporate Citizenship, KPMG ) ; Claude SASSOULAS ( Managing Director Europe, tata communication )

  • Nouveaux modèles économiques, nouvelle gouvernance ? Avec Franck SPRECHER ( Centre des jeunes dirigeants ) ; Hugo SPOWERS ( Founder, riversimple ) ; Jean-Michel LEHEMBRE ( CEO, France ) ; Michel REVEL ( Regional director, Nacarat )

 

---Je ne vais pas faire le feedback détaillé de la première conférence, pour la simple raison que les nouvelles tendances mondiales sont principalement basées sur les futurs besoins en énergie, en eau et en nourriture face à une population qui ne cesse de s'accroître – 9 milliards en 2032 d'après les speakers – En somme, la phrase-clé doit-être « Innovation quicky is possible » pour s'adapter à cette forte croissance. La deuxième conférence s'est quant à elle focalisée sur la façon dont les entreprises ont ouvert leur gouvernance pour répondre aux enjeux de demain ainsi que les liens qui existent entre les nouveaux modèles économiques et la gouvernance. Tout se base sur le projet plus ou moins atypique que chaque intervenant a réussi à faire naître. Je ne relaterai pas des idées en tant que telles mais, surtout, le procédé suivi afin que ces projets puissent aboutir de la meilleure manière. Pourquoi ai-je retenu seulement 50 % de l'intervention ? Comme je l'ai dit précédemment, je me suis présentée en tant que « blogueuse » recherchant des liens avec la macroéconomie et confronter les idées des entrepreneurs à celles auxquelles devraient commencer à songer certains de nos dirigeant européens. Cela paraît bête, mais des résultats assez satisfaisants sont à souligner, même s'ils corrèlent avec ce que j'ai l'habitude d 'écrire.

 

---La première chose non anodine à prendre en compte est la posture que l'entrepreneur doit adopter, se mettre en posture de changement. Il est vrai que ce ne seront pas de simples discours qui changeront les choses et la métaphore forte parlante de mon point de vue résume assez bien cette idée défendue par Franck SPRECHER , « seul le bébé mouillé aime le changement ». Pour que nos bébés soient mouillés, faudrait-il initialement qu'une personne assez courageuse prenne un sceau d'eau froide et arrose notre gouvernement d'une part, puis nos dirigeants internationaux d'autre part. Par ailleurs, ce même speaker évoque la nécessité d'un changement de modèle économique ce qui laisse à comprendre que le type de relation entre les acteurs doit être repensé, le renouvellement des financements également ainsi que la relation à entretenir avec les actionnaires.

 

---Deuxième chose à surligner, les déterminantes pour obtenir le consentement d'un projet. En effet, vous vous doutez bien que l'Europe et le reste du monde souhaitent « le changement » même s'ils ne sont pas assez « mouillés » ni assez « d'accords » sur la forme, je pense naturellement à l'Union bancaire, le plafond de la dette américaine tout comme leurs réformes budgétaire, les mesures fiscales du gouvernement Ayrault et j'en passe. Ces déterminantes regroupent – d'après Martin REVEL - l'enthousiasme, l'envie de découvrir, la richesse des nouvelles expériences, la confiance et, at last but not least, la non-recherche immédiate du profit en jouant le jeu de la durée et de la maturité des idées, ce qui a suscité beaucoup de murmures autour de moi, évidemment. Monsieur REVEL aurait dû peut-être ajouter que l'attraction sans fin pour le profit depuis le début de la libéralisation du marché des capitaux ne pouvait plus permettre aux agents économiques de s'arrêter devant cette proposition pourtant si éthique en soi. Enfin, Jean-Michel LEHEMBRE s'est focalisé sur la thématique du retour d'expérience. Indeed, d'après lui, chaque personne doit être entourée de plus forts que soi, que chacun doit se baser sur l'expérience d'autrui et en tirer des enseignements. Je me suis demandée à cet instant si Ben Bernanke ou encore les dirigeants de la Troïka pouvaient être considérés comme « forts » compte tenu de la situation macroéconomique globale – ou si des gouvernements lambda devaient prendre exemple sur ces derniers – Bref, l'expérience acquise en dehors de l'économie d'une entité doit être, d'après Mr LEHEMBRE, importée puis étudiée avec minutie.

 

---Cette conférence a bien mis en évidence qu'une distinction devait être établie entre la détention du capital et du savoir, entre l'effet courtermiste et longtermiste mais surtout la nécessité de se mettre en posture de changement et de détermination car – n'en déplaise à certains - le chemin le plus rapide est la ligne droite. En attendant, si ces entrepreneurs ont réussi à faire naître de bons projets avec ces méthodes pourtant si évidentes, nous pouvons toujours attendre que l'Europe et le reste du monde finissent de se tourner les pouces en comptant les billets verts qui tombaient, tombent et tomberont du ciel.   

Rédigé par Eco-euro

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