Poutine et les marchés : L'usine à gaz

Publié le 4 Mars 2014

     Il n'y a pas de grands voyages sans escales, le saviez-vous ? L'ampleur que prend ces derniers événements nous laisse facilement à penser que ce long voyage à destination de la reprise est loin de toucher à sa fin et nous réserve encore beaucoup de mauvaises surprises. Qui l'eut cru ? Passer de l'euro-zone avec sa «zombie-economics» en Amérique - tapering – puis de l'Asie pour aujourd'hui atterrir en Europe de L'Est, pour combien de temps ?

----Il faut se l'avouer, l'idéal européen est loin d'être la tasse de thé des Russes. L'éloge de la démocratie qu'inspire notre région européenne fait saliver une population – ukrainienne – pourtant scellée et divisée. De plus, la détermination de Vladimir Poutine impacte d'une part les rapports diplomatiques mais surtout la sphère économique et financière. Markets are everywhere ! L'autorisation  par le Kremlin d'envoyer des troupes en Ukraine a fait trembler les marchés aussi bien à l'ouverture qu'à la clôture en ce début de semaine. On ne va pas se mentir, ce qui fait accélérer le rythme cardiaque de nos investisseurs est non pas l'effet d'une intervention russe sur le devenir de l'Ukraine ou sur l'opinion de la population – quoique – mais les retombées sur le cours des matières premières - tel que le gaz ou l'or - et des devises ; certains tirent profit de la situation, d'autres se vident les poches le fait étant que la volatilité soit au rendez-vous, l'indice de la peur confirme une humeur de marché anxieuse.

 

  • Indice de la peur - Volatility Index

    - sur des intervalles de cinq heures -                                                                   source : investing.com    

  • Cours de la devise russe à des bas historiques - RUB/USD - 

 source : xe.com

    Malgré les concertations d'urgences à répétition, les sommets extraordinaires imminents, la volonté de recourir à la médiation plutôt qu'aux menaces, malgré les milliards de dollars mis sur la table afin de défendre le rouble russe ( à des niveaux comparables à ceux de 2009 ), il faut dire que ces mesures sont actuellement assimilables à l'arbre dissimulant une forêt d'inquiétudes. En effet, les tensions «ukrainos-russes» ont fait chuter le rouble face au dollar et à l'euro ce qui impacterait négativement sur une économie russe déjà assez fragile sans omettre que le pays est fortement sollicité pour son gaz, les contrats ne se comptent pas sur les doigts d'une seule main

 

     L'Europe - tout comme les autres régions du monde - fait donc face à un n-ième dilemme ; soit une résolution par la médiation, la défense de cet idéal européen soit en ayant recours aux menaces et sanctions – solutions prônées par les américains – faisant ainsi ressurgir les souvenirs amers d'une guerre froide visiblement à une phase de renaissance. L'accumulation des menaces exogènes marque ce début d'année 2014, une situation non-anodine et très préoccupante car ces fortes interdépendances contribuent à la détérioration de notre propre usine à gaz économique, financière, sociale voire diplomatique … Il est grand temps de mettre le maximum de poussières sous le tapis - ou peu, tardivement - avant une prochaine escale remplie de mystères. 

 

 

Rédigé par Eco-euro

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