« Europa, la dernière chance pour l'Europe »

Publié le 8 Octobre 2014

« Europa, la dernière chance pour l'Europe »

 

07.10.2014, Université Paris Dauphine à 17h15

 

Valéry Giscard d'Estaing, 20 ème président de la République française, s'est rendu au sein de l'Université Paris Dauphine dans le but de sensibiliser les jeunes à la question de l'avenir européen - pour ne pas dire faire la promotion de son livre intitulé « Europa, la dernière chance pour l'Europe » bien-sûr. Détendu et après avoir été emporté par son sens de l'humour, VGE introduit son discours de façon assez directe en finissant par dire : « Vous serez soit bénéficiaires, soit victimes de l'Europe ». En d'autres termes l'achèvement de la construction européenne se trouve entre nos mains. Il a admis par ailleurs que cette construction a eu de multiples avantages, il fallait bien insister là-dessus quand on a été un acteur influent dans la conception de l'Europe. La thématique fut la façon dont elle pourrait être complétée.

 

Le champ lexical du fédéralisme et de la solidarité ne se fût pas fait attendre. Un avant goût de son chef-d’œuvre sans doute. Après nous avoir récapituler brièvement les grandes lignes de l'histoire européenne, Valéry Giscard d'Estaing a souhaité écrire, proposer une suite dans un contexte où l’euroscepticisme et le désintérêt pèsent. Il estime que l'Europe a profité de 35 ans de réussite et que les 25 ans de confusions qui ont suivi ne sont pas une fatalité en soi. Eh bien oui aurais-je envie de dire, avant la maturité il y a forcément une phase de lancement. Qu'elle est la suite ? Concrètement, pour répondre au « bouleversement du monde » provoqué par l'apparition des émergents, pour agir face à notre Europe qui s'est progressivement rétrécie par rapport à ce « nouveau monde » l'ancien président de la République propose de créer, je cite, « Un pays émergent en Europe », EUROPA, qui serait toujours selon lui, une nouvelle puissance du 21 ème siècle - l'optimisme de l'époque qui revient au galop je suppose. Ce nouvel ensemble serait le résultat d'une intégration achevée et axée sur la solidarité. Comment répète—t-il ? En poursuivant l'intégration fiscale, budgétaire, faire émerger une solidarité financière, créer un Trésor commun, partager l'endettement – J'ai ri. Et soutenir, les régions les plus pauvres.

 

En somme, faire naître une « fédération d’États membres » avec une identité socio-culturelle conservée. Personne ne pourra nier le fait que ces idées soient bonnes. Elles sont bien entendu souhaitables. Mais je reste toujours sur ma faim, comment faire ? Je pense aux récentes mesures qui ont été évoquées et qui allaient pourtant dans ce sens, comme les eurobonds mais qui n'ont pas été (encore) concrétisés. Tout d'abord, il propose que les traités ne soient pas modifiés si des changements devaient avoir lieu car selon VGE, ces derniers « n'ont pas fait avancer les choses ». Ensuite, notre ancien président semble tomber une nouvelle fois dans le champ lexical de la solidarité et de la mutualisation, évoqué au cours de mon billet. Sa vision de l'Europe est appréciée, son niveau d'optimisme pour sa génération est assez frappant quand on sait que notre jeune génération en manque considérablement.

 

VGE a voulu souligner le fait que l'Europe a évidemment un avenir et il est entre les mains des jeunes acteurs. Il cite à titre de comparaison les étudiants de Hong Kong pour montrer à quel point notre influence n'est pas à sous-estimer. L'avenir européen se fera incontestablement avec une poussée de fédéralisme et de solidarité en somme via plus d'éthique. N'était-ce pas le but premier de la conception européenne ? Le problème aujourd'hui réside sur la volonté. Il est vrai que le contexte dans lequel nous nous situons actuellement n'incite pas à se focaliser sur ces questions qui semblent à première vue discutables compte tenu de l'hétérogénéité croissante des États membres.

 

Pour ma part, notre Europe forme certes une unité, un bloc, une union mais ses composantes demeurent hétérogènes. La question du fédéralisme et de la solidarité ne pourra donc se poser qu'à partir du moment où l'intégration sera achevée et Valéry G. d'Estaing a eu raison d'insister la-dessus. Nous avons donc une boîte de puzzle, qui est l'Europe, dans laquelle des pièces sont manquantes – toujours aussi métaphorique, oui. Retenons pour terminer cette vieille idée de Jean Monnet qui fut la suivante : « L'Europe se fera dans les crises et elle sera la somme des solutions apportées à ces crises ». A bon entendeur.

 

OUALID Zohra

@Zohra_1992

 

 

Rédigé par Eco-euro

Publié dans #politique, #eco, #économie

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