Après la Grèce et l'Espagne, je demande l'Italie et Chypre.

Publié le 14 Juin 2012

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Vous l'aurez compris, à force de chercher la lumière introuvable, nous n'obtiendrons rien d'autre que l'imprécision et l'obscurité la plus totale. La Grèce n'est pas encore sortie de l'auberge mais elle se fait discrète ces dernières semaines, oui plusieurs analyses ont rétablit un peu d'espoir dans les marchés : les grecs doivent choisir entre l'austérité ou la mort ou encore des rumeurs du genre "la zone euro pourrait s'en sortir sans la Grèce et les dégâts seraient supportables". Rassurant? Tant mieux ! Dans tous les cas, le pays ne fait plus toutes les Unes des presses européennes et les clôtures négatives à la bourse ont un pourcentage marginal sur l'avenir grec. Patience.

 

L'aide nuisante

 

L'oxymore est justifié, tout n'est pas rose pour autant malheureusement. L'aide européenne accordée pour "sauver" le système bancaire espagnol par un prêt de 100 milliards d'euros via le FESF (ou le MES) n'a pas vraiment apporté de couleurs dans ce contexte économique et financier aussi sombre. Au contraire, ceci n'a rien fait d'autre que laisser les marchés perplexes et tirer les taux d'intérêts espagnols à long terme vers le haut. Mieux encore, l'agence de notation Moody's n'a pas hésité à concrétiser son euro-scepticisme en mettant une première, une deuxième et une troisième goutte d'huile sur l'incendie en dégradant la note du pays ibérique de A3 à Baa3 (solvabilité moyenne inférieure).

 

Moralité : les plans d'aide du type bazooka trop floues trop tard ne satisfont pas tant que ça !

 

Deux dominos de plus en jeux

 

338599 le-premier-ministre-espagnol-mariano-rajoy-et-soraya D'autant plus que l'Espagne a réussi à ajouter deux dominos au  jeu d'engrenage : le domino italien et chypriote. Ces deux pays se trouvent désormais très exposés à la crise de la dette (prévisible). D'une part, Chypre, qui est en forte dépendance avec le système bancaire grec, craint une dégradation de sa situation si le parti d'Alexis Tsipras obtient la majorité. En effet, si la Gauche Radicale l'emporte, tous les plans d'austérités seraient annulés par conséquent le système bancaire grec commencerait une nouvelle descente aux enfers et Chypre en pâtirait. Ah le nouveau capitalisme et la globalisation financière ! L'aide que pourrait solliciter Chypre serait d'environ quatre milliards d'euros d'après le ministre chypriote délégué aux Affaires européennes. D'autre part, l'Italie (le meilleur/pire pour la fin) voit également son économie se détériorer lentement mais sûrement : le coût d'emprunt de Rome (à un an) a atteint mercredi son plus haut niveau avec 3,972 % contre 2,34 % il y a un mois. Cette hausse traduit la difficulté que rencontre le gouvernement Monti à gérer sa dette qui reste aux alentour de 120 % du PIB (1900 milliards d'euros). Le pays transalpin avait été pourtant félicité par les institutions européennes (le FMI notamment) ainsi qu'encouragé après les politiques de rigueurs imposées en estimant que le pays était un modèle à suivre pour éviter un deuxième cas grec. Bah tiens !

 

Que constatons nous ? Ces paroles et ces efforts ne tiennent pas la route quand l'heure est à l'excitation sur les marchés. Ce qui provoque chez les investisseurs un accroissement de la perte de confiance et qui se voient donc contraint d'exiger des taux d'intérêts plus élevés pour satisfaire la demande. 

 

 

L'Italie va t-elle également céder ?

 

mario_monti_big.jpgDe plus, Mario Monti a demandé à ce que les dirigeants de l'Union européenne proposent des plans crédibles pour favoriser la croissance et à également appelé à un soutien politique clair pour l'Italie et la zone euro. Ce qui revient est toujours le principe du fédéralisme qui doit être plus imposant et notamment via un premier pas qui pourrait être celui des euros obligations qui est justement évoqué par Monti "les eurobonds deviendront une réalité". Ce projet est encore et toujours refusé fermement par le pays d'outre Rhin. Le message est bien clair, soit une sortie des PIIGS vers le bas ou alors une sortie vers le haut, car pour l'instant l'Allemagne semble tirer profit de cette mauvaise période (avec un Bund qui atteint des bas historiques, des rendements en hausse, des excédents, hausses de salaires et j'en passe) au détriment des plus fragiles (certains me diront que c'est normal, ceci le sera réellement quand l'Allemagne construira sa propre zone euro avec le Benelux). Le premier ministre italien a déclaré que l'Italie n'aurait pas besoin de demander une assistance financière, des propos qui convergent avec ceux de l'Espagne qui s'était, rappelez vous, également opposé à toute aide financière. Mais avec cette économie, comme dirait Stiglitz, "vaudoue", discuter avec la tentation, c'est être sur le point d'y céder!

 

Bref, un premier saut fédéral infructueux.

 

Nous en sommes arrivés à un point où les accumulations deviennent nombreuses ; au point où les solutions tardives fortes et  imminentes ne fassent plus d'effets positifs. Au contraire, ces dernières ne font rien d'autre qu'aggraver les inquiétudes et en déclencher de nouvelles. La politique de l'autruche pour un réel saut fédéral persiste chez Angela Merkel (et d'autres !) qui semble oublier que nous sommes dans un monde de l'après 1980 et donc désormais dans un nouveau monde où la finance est globalisée (ce qui traduit les fortes dépendance étatiques) et où de petits maux peuvent vite se transformer en une hémorragie généralisée...

Rédigé par OUALID Zohra

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