G20 & Rio +20, un bilan mitigé.

Publié le 21 Juin 2012

On l'attendait ce sommet, enfin, comme tous les précédents et ceux qui vont suivre en espérant vainement voir un changement ou une quelconque amélioration dans les décisions. C'est plutôt dans un esprit mitigé que s'achève les sommets du G20 et de l'environnement à Rio qui ont débuté lundi à Los Cabos puis à Rio (Mexique, Brésil).

 

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           sommet du G20 à Los Cabos

 

La relance de l'économie mondiale devait être le maître mot de cette réunion mais tout le monde pouvait anticiper que le centre des préoccupations allait être de toute évidence l'Europe. Ceci n'a pas vraiment plu au président de la Commission Européenne José Manuel Barroso qui a déclaré que les " dirigeants européens ne sont pas venus ici pour recevoir des leçons de démocratie ou de politique économique ". J'ai bien envie de dire et de rappeler que l'Europe est la première zone économique de la planète et est fortement exposée sur la scène internationale et que par conséquent, le ralentissement de l'économie asiatique ou américaine est forcément lié aux nombreuses incertitudes européennes. Il est donc normal que l'Europe et sa mauvaise gestion de la crise de la dette soient mis sur la sellette. Vous remarquerez cependant que le plan d'aide au système bancaire espagnol a été salué même s'il est très controversé mais il faut s'avouer que nous avons vraiment du mal à trouver des bonnes perspectives pour aller vers plus d'intégration économique et politique.

 

623201Quelques scènes d'humour noir entre la France, l'Allemagne et l'Angleterre ont pimenté le sommet avec des déclarations plus ou moins vexantes envers François Hollande et ses mesures qui iraient à l'encontre des réformes entreprisent par la zone euro. En effet, tout commence avec de l'humour anglais provenant de David Cameron devant des chefs d'entreprise qui visent la politique fiscale avec la taxation à 75% que Hollande souhaite mettre en place en déclarant qu'il serait prêt à " dérouler le tapis rouge " aux évadés fiscaux et que lorsque l'hexagone mettra en place cette taxe, "nous accueillerons plus d'entreprises françaises qui paieront leurs impôts au Royaume Unis ". Même si les britanniques ont directement montré leur envie d'attirer des investisseurs, des capitaux et de se vanter de leurs avantages fiscaux, ils ont parallèlement réussi à provoquer la colère de l'Elysée. Michel Sapin, ministre du travail, n'a pas hésité à recourir à l'humour en rétorquant " le tapis pourrait prendre l'eau ". De plus, Claude Bartolone, député PS, s'est montré plus sévère envers D. Cameron en évoquant des "propos d'après dîner" , "il ne devait pas avoir toute sa conscience". Puis, François Hollande, est resté plus courtois en déclarant " même si j'ai moins d'expérience que d'autres, j'ai de la retenue".

 

On peut s'interroger sur le fond de l'ironie britannique ; Est-ce que la France serait en train de marcher à reculons ? Pendant que l'Europe se serre la ceinture, l'hexagone se permet d'embaucher, d'augmenter le SMIC, taxer les dividendes ou encore étrangler sa politique fiscale sans pour autant s'informer sur les effets que ceci pourraient provoquer. La France et sa vague rose seront t-elles condamnées à l'isolement ?

 

Dans tous les cas François Hollande se dit fier à l'issu de ce sommet car d'après lui ses priorités ont été évoquées avec clarté : croissance, emploi jeunes par exemple. Disons que les eurobonds sont aux oubliettes alors qu'ils étaient une priorité lors de sa campagne électorale tout comme la taxe sur les transactions financière ( dont le taux devait être revu à la hausse ) qui ne figure pas dans le communiqué final. Reste l'alternative aux eurobills ou projectbonds on verra par la suite ses biens faits à court terme et ses dégâts à long terme. Une petite morale après ce G20 du président Français qui attaque directement Angela Merkel " Ce qui a été compris c'est que l'austérité pour l'austérité ne pouvait être la solution ". Ce qui n'est pas faux mais dans tout les cas il a fallu que la chancelière hausse le ton sur la France et ses eurobonds pour que le projet soit rangé pour une dizaine d'années (donc jamais). Il en est de même pour la TTF qui ne figure pas sur le communiqué final car les britanniques et les japonnais sont contre, elle devrait être mise en place à l'échelle européenne avec un minimum de 9 États mais ceci sera un autre sujet d'actualité... .

 

4078675Il y a quand même eu un grand gagnant lors de ce G20, le Fond Monétaire International qui a réussi à récolter une belle somme de 456 milliards de dollars ce qui , d'après Hollande, ne sortira pas l'Europe de la crise. Il y a eu une contribution des pays émergents dont 43 milliards d'euros provenant de la Chine ( ce qui va logiquement augmenter sa part de décision dans la politique du FMI, et je pense que ceci aurait un lien avec sa politique de change qui a été pour la première fois évoquée). Une contribution qui n'aidera pas l'Europe mais seulement certains pays en difficulté comme la Grèce.

 

Sinon le cas syrien a été évoqué avec de belles paroles "éviter les violences"  mais ce n'est pas un sujet économique. Les États Unis devraient mettre en place un Quantitative Easing (= planche à billets) pour relancer leur économie. La Grèce est invitée à redoubler d'efforts sur ses réformes structurelles. En ce qui concerne l'environnement (Rio+20) rien de nouveau, rien de rassurant et rien à espérer car il y a plus important ... quoi de plus préoccupant que la crise ? L'environnement c'est pour plus tard ! Ils espèrent trouver un accord commun le plus tôt possible mais pour le moment ce qui ressort de ce sommet est la mise en place d'objectifs pour 2015 et renforcer les institutions mondiale de l'environnement. Soulignons que depuis vingt ans, les émissions mondiales de CO2 ont augmenté de 50% mais ça ne semble pas préoccuper tant que ça... .

 

Un bilan très mitigé qui me paraît toujours aussi flou mais restons optimiste, attendons ce qu'il se dira à l'issu du mini sommet qui aura lieu ce vendredi à Rome avec Hollande, Merkel, Monti et Rajoy ainsi que le sommet crucial de Bruxelles des 28 et 29 juin qui doit absolument être fructueux.

Rédigé par OUALID Zohra

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