Se financer à taux zéro ?

Publié le 22 Mai 2012

Se financer à taux nul, quel est le mystère allemand ?

 

C'est effectivement une réalité. Après s'être financée à court terme avec un taux négatif (-0,012 %) sur le marché obligataire, l'Allemagne va se mettre à emprunter à taux zéro prochainement. Une bonne nouvelle en soi pour le pays mais est-ce le cas pour l'ensemble de la zone euro ? Les investisseurs ont trouvé leur paradis quitte à ne pas recevoir d'argent en contrepartie de la part de l'Allemagne.

 

 

Où est le problème ?

 

Simple constat, les investisseurs (et ils sont nombreux) ont trouvé leur refuge chez le pays d'Outre-Rhin plutôt que dans d'autres pays de la zone euro. Il y a donc une forte perte de confiance (et qui est à souligner) de leur part notamment liée au contexte économique et politique très incertain. Du point de vue allemand, ceci ne semblerait pas poser de problèmes en particulier, bien au contraire : leur situation sur le marché obligataire prospère avec des taux d'intérêt (à court et long terme) toujours aussi historiquement bas. Il est donc a priori normal que l'on préfère s'orienter vers la sécurité et la stabilité... Pourquoi marcherions-nous sur la tête ?

 

L'Allemagne et sa réputation d'exemplarité.

 

Ils craignent une explosion de la zone économique et monétaire. Ces personnes se souviennent-elles du modèle même de cette création ? Simple rappel : l'Allemagne a accepté de rejoindre l'euro à la simple condition que la politique monétaire soit gérée sous le modèle de la fameuse Bundesbank. La Banque centrale européenne est en quelques sortes dépendante de la politique monétaire allemande, (ah, mais où se trouve la BCE au fait ? ;-) ) mais pourquoi ? Je ne vais pas m'attarder là-dessus mais il semble logique d'admettre que la politique monétaire menée par cette banque après la crise hyperinflationniste qu'à connu le pays dans les années 1920 fut exemplaire. Aujourd'hui l'euro va mal il est normal que l'Allemagne soit au coeur des décisions, mais jusqu'où ?

 

Attention cependant à ne pas provoquer les peurs.

 

Avec un peu de recul on comprend mieux certaines prises de positions et certains constats. Par contre, sans vouloir paraître subjective, la position allemande vis-à-vis des autres États membres de l'euro-zone semble d'être inexemplaire. En effet, d'une part si l'on revient aux taux nuls auxquels l'Allemagne devrait emprunter sur le marché obligataire pourraient déclencher une peur générale, c'est-à-dire que l'on se focalisera sur un seul pays en particulier (car la demande est très forte) au détriment des autres nations. Nous pouvons nous demander si cette euphorie générale pourrait avoir un impact sur certaines décisions fermes de la chancelière allemande telles que les euros-bonds ou l'intervention de la BCE afin d'éviter les inquiétudes sur le marché financier. Bref, où est le fédéralisme, la solidarité et la zone homogène avec (comme l'a si bien dit Jean Pisani Ferry) avec l'euro comme frontière unique ? Une nation qui semble (!) briller dans un contexte aussi sombre ne devrait-elle pas envoyer quelques rayons de soleil autour d'elle ?

Rédigé par OUALID Zohra

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