Jens Weidmann, si pessimiste ?

Publié le 26 Mai 2012

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La croissance via les euro-obligations est "illusoire".

 

On s'attendait à ce que nos amis les Allemands restent positionnés sur le refus ferme des Eurobonds, mais (en ce qui me concerne) loin de s'attendre à ce que la mise en place de ce projet serait carrément une "illusion" pour la croissance. En effet, ce vendredi, J. Weidmann, directeur de la Budesbank a annoncé lors d'une interview pour Le Monde que "L'idée selon laquelle le lancement d'euro-obligations stimulerait la croissance est une illusion ". Camp allemand certes, camp d'une orthodoxie monétaire certes, les champions de la création lexicographique ;-) mais le camp du desavouement ?

 

Commencement ou aboutissement ?

 

Les euros-obligations ont plusieurs significations, de façon générale ce projet prônerait la mutualisation des émissions d'obligations des États membre de la zone euro et l'engagement de chaque État à être garantis par les autres membres. Pour Jens Weidmann, la solution fédérale ne semble pas l'attirer tant que ça quitte à se demander ce que veulent vraiment nos germanistes mis à part l'austérité. Pour lui, les eurobonds ne seraient que l'aboutissement d'un long chemin basé sur le sérieux budgétaire et non comme un point de départ. Des intérêts à préserver ? Sûrement. Une mutualisation des émissions d'obligations obligerait logiquement l'Allemagne à emprunter à un taux d'intérêt plus élevé et, d'autre part, à dé-responsabiliser nos amis les plus fragiles (no bail out ?).

 

Où est l'obstacle ?

 

Si l'Allemagne paye plus cher (alors qu'elle est actuellement la référence jugée sans risque) et que les autres pays payent moins, nous aurons donc l'effacement du spread allemand, n'est-ce pas ? Le pessimisme de la Bundesbank peut sembler compréhensible. Les eurobonds sont un grand "bonds" en avant certes, mais elle ne peut influencer la croissance à elle seule. Dans tous les cas il va falloir de la part de la zone euro cette volonté de (nous) prouver aux marchés la raison pour laquelle ils ont sollicité la création de la monnaie unique. L'Aléa moral semble donc le principal obstacle à l'aboutissement de l'intégration européenne. Reste à savoir quelle est la position de l'Allemagne face à l'euro. Un désavantage pour le pays ? Porte t-elle le fardeau de la dette souveraine ?

 

Et la population allemande dans tout ça ?

 

D'après un sondage, 79 % des Allemands refusent les euros-obligations, ils s'alignent donc sur le chemin de la Chancelière. Payer pour les autres ? Hors de question ! De plus, toujours selon ce sondage téléphonique, 60 % de la population serait favorable à une sortie de la Grèce de la zone euro (décidément !). C'est sûr qu'avec un modèle qui semble exemplaire, mais qui ne l'est pas (marché du travail, taux de précarité, de pauvreté...), toute mutualisation semble inacceptable !

 

La position "ferme" de la BCE ou de la Chancelière pourrait être éphémère compte tenu du grand pas de nos chers représentants européens.

 

Nb : "Cette Europe se fera dans les crises et sera la somme des solutions apportées à ces crises".

Oui Jean Monnet, restons optimiste ! ;-)

Rédigé par OUALID Zohra

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