Entre discours et statistiques...

Publié le 23 Novembre 2012

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"Homo economicus, or Economic human, is the concept in some economic theories of humans as rational and narrowly self-interested actors who have the ability to make judgments toward their subjectively defined ends. This theory stands in contrast to the concept of Homo reciprocans, which states that human beings are primarily motivated by the desire to be cooperative and to improve their environment."  source : news.charlesayoub.com

 

Bien qu'il n'y ait pas eu de billets publiés sur le blog ces derniers jours, les nouvelles économiques continuent de couler à flot si ce n'est pas pour entendre les mots favoris des médias « Grèce », « Espagne », « récession » ou encore « accords ». J'ai écrit précédemment que l'actualité économique était toujours aussi répétitive, ce qui est globalement vrai mais il est, je pense, finalement préférable de reconnaître que de nouveaux changements sont là et certains sont en cours pour ces prochaines années.

 

Tout d'abord, commençons par le plus important – ou pas – concernant la dégradation de la note souveraine française par l'agence de notation Moody's en début de semaine. Je ne vous l'apprends sûrement pas. Après le passage du triple A à la note AA+ par Standard and Poor's au début de l'année, l'agence numéro deux a pris le relais en sanctionnant l'hexagone avec, en prime, une perspective négative. Bizarrement, suite à la décision de S&P en janvier, beaucoup de voix se sont levées jusqu'à remettre en question la crédibilité et le rôle véritable de ces agences anglo-saxonnes. Aujourd'hui, d'après les dires de beaucoup de dirigeants, cette dégradation est devenue justifiable – j'écarte ici la voix de la présidente du MEDEF ;-) - Pourquoi ? Il faut souligner les problèmes de compétitivité que rencontre actuellement la France notamment sur le plan industriel (ceci valait bien le dossier «  COMPETITIVITE » d'alter-éco au passage !) mais aussi un marché du travail très fragile. Une croissance française très vulnérable à l'état de la conjoncture – morose – européenne. Peut-être avons-nous finalement reconnu que notre pays a longuement contourné le chantier de la dépense publique qui évolue « rapidement et sûrement » de façon contra-cyclique par rapport à la croissance. Bref, comme la France reste le bras droit de l'Allemagne, les taux d'intérêts suite à l'annonce de Moody's sont restés stables rôdant autour de 2 %... Un avantage qui maintient notre pays dans une position intermédiaire, mais pour combien de temps ?

   

Deuxième point non anodin, la contradiction entre les beaux discours et les publications statistiques. Beaucoup de dirigeants politiques et économiques restent faussement optimistes tels que Mario Draghi qui pense que la confiance est de retour ou encore François Hollande qui déclarait que la crise était bientôt finie [ Et j'en passe ] … Pendant ce temps, les chiffres tombent et démontrent d'une part les effets contradictoires des mesures dictées avec optimisme et d'autre part des chiffres encourageants [ la création d'entreprise par exemple ou la hausse du moral de certains États ]. Si l'on se focalise sur les chiffres macro-économiques (croissance) du troisième trimestre, hormis une croissance très timide du couple franco-allemand (+ 0,3 %), les membres de la zone-euro sont en récession. L’Espagne, étouffée par les plans sans fin d'austérité et refusant toujours le plan OMT de la Banque Centrale Européenne, voit sa croissance reculer de 0,3 % tout comme l'Italie qui cède 0,2 % au troisième trimestre. En moyenne, la zone-euro ne voit pas encore la lumière malgré des avancées encore minimes sur, par exemple, l'union bancaire et la supervision mais une dépression aggravée dans les pays méridionaux accompagnée d'une crise sociale apparemment très contagieuse …

 

De plus, en évoquant le cas grec, il m'a semblé juste d'en consacrer un paragraphe car c'est sur ce dossier hellène que le lien avec le fameux « Homo économicus » défini par Daniel Cohen a été pour moi le plus identifiable. La crise, comme l'a si bien résumé Nathalie Sarthou-Lajus – Éloge de la dette - , signe tout simplement « l'échec du désir d'indépendance radicale qui est au cœur du logiciel néo-libéral ». Tout ça pour dire que la dépendance qui s'est créée DE FACON RECIPROQUE entre tous les acteurs les obligent à prendre des décisions qui, dans tous les cas, satisferont leurs propres intérêts comme le ferait le véritable Homo-économicus. Ce lien que j’établis à partir du cas grec est valable pour les concertations infructueuses portant sur le futur budget européen pour la période 2014-2020 reporté à 2013 ou encore celles portant sur la future union bancaire. En somme, la Troïka n'est pas parvenue en début de semaine à trouver le moyen d'accorder une enveloppe de 44 milliards d'euros à Athènes pour qu'elle puisse frôler le défaut de paiement ; les moyens de rendre sa dette soutenable (124 % du PIB au lieu de 120 % ) a provoqué des désaccords. Sinon, pendant que chacun prône sa vision de l'avenir, les révoltes persistent au sein des populations grecques – et partout ailleurs – et la question du défaut de paiement resurgit.

 

Pour finir, la question qui se pose est de savoir si les membres de l'euro-zone seraient prêts à accepter la perte d'une partie des prêts accordés. Il est évident que la réponse serait a priori négative mais si l'on souhaite passer drastiquement de l'Homo-économicus version financiariste à une conscience homogène qui prône la recherche de l'intérêt général, il va bien falloir – exceptionnellement – passer par de telles alternatives …

Rédigé par Eco-euro

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