Fédéralisme, solidarité, démocratie : des notions devenues ésotériques ?

Publié le 25 Juin 2012

Petite heure d'inspiration

 

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    Emmanuel Kant : "Agis toujours de manière à ce qu'il en résulte la plus grande quantité de bonheur"

 

C'est malheureusement la question que l'on peut se poser aujourd'hui. Nous continuons à errer jour après jour dans la morosité la plus parfaite et la sortie est loin d'être visible. Pourtant, des moyens existent, ils sont nombreux, nous avons clairement les moyens de sortir l'Europe de cette impasse, mais la volonté est loin d'être au rendez-vous. Vous savez, c'est une question d'image, de réputation, d'intérêts à préserver … Même s'il semble logique que dans une période d'urgence ces préoccupations secondaires de ce genre doivent être mises de coté, nous avons clairement l'impression que la politique de l'autruche demeure. Je reste vague car je pense vraiment qu'il faudrait faire lire un peu de théorie, de doctrines bref, faire réfléchir certains de nos dirigeants et les empêcher d'agir sous la pression générale ou encore accepter naïvement des mesures non utilitaires. Il fut une époque où l'on prônait le bonheur collectif, la volonté générale avant la mise en application d'un projet quelconque. Il eut dans la logique classique « une balance » qui mesurait le taux de bien et de mal qu'une mesure pouvait engendrer et si le mal l'emportait, le projet était bon pour la corbeille.

 

finance-1.jpgDe plus, il fut également une époque où la solidarité était ancrée dans les esprits et la notion de l'union était cruciale. On annulait des dettes, on s’efforçait de trouver des arrangements sans se préoccuper des vaudous qui les entouraient - enfin vous me diriez qu'il y en avait pas où alors ils se comportaient vertueusement - Peut être avaient-ils conscience de l'importance d'une stabilité et d'un ordre social. J'ai peur d'établir le contraste avec la situation que nous vivons actuellement qui est, je dois dire, a-m-o-r-a-l-e. Si je devais résumer cette crise je dirais que c'est seulement le résultat d'un échec dans tous les domaines relevant de l'éthique. Nos mentalités ont changé, je dirais, depuis l'apparition des orfèvres et de leur logique de « banquiers » (je ne les critique pas, c'est héréditaire malheureusement). Tout d'abord, mettons les pieds dans le plat, trouvez vous logique les banquiers prêtent de l'argent qu'ils ne détiennent pas ? Pensez vous que chaque lettre de change à l’époque correspondait à un paquet de billet ? Nous vivons même avec de la monnaie dite « virtuelle » Ceci est absurde. De plus, qui a voulu cette logique du taux d'intérêt ? Un sujet qui reste très estompé mais qui fut critiqué dans l'Histoire.

 

Réflexion : notre économie détient plus de 90% de monnaie scripturale donc issue des emprunts des banques commerciales - résultant d'une rémunération – Logiquement, 90 % de notre économie est donc endettée. Ne penseriez vous pas que lorsque l'on évoque qu'il faut restructurer le système financier ce serait vraiment dans le fond et non dans les résultats ? Nous pourrions réserver des taux d'intérêts pour un type de prêt et les éviter pour un autre type de prêts – exemple, lorsque l'on assiste un pays en difficulté – Aujourd'hui la crise de la dette se  déclenche lorsque le taux d'intérêt auquel le pays fragile souhaite emprunter sur le marché obligataire devient exorbitant, je cherche encore la contradiction … Vous me feriez remarquer que ce qui est fait est fait, nous vivons avec cette nouvelle mentalité qui est ancrée. Une crise économique, financière a besoin de solutions fiables et utilitaires – qui a pour but principal le « bonheur de la population » - qui sont des notions devenues ésotériques - hors d'atteintes, floues - de nos jours car le mot « bonheur » ne préoccupe plus tant que ça peu importe les solutions prisent.

 

cats-copie-6.jpgPour être concrète, je vais paraître hyperbolique, il faut que les mesures proposées soient germano-compatibles et tant pis pour le reste, l'intérêt général c'est pour plus tard. C'est ce qu'on appelle – d'après Stiglitz – l'économie des retombées ou la croissance en cascade. Pour revenir à l'actualité et mesurer l'impact de la période asphyxiante que nous vivons, j'ai envie d'évoquer l'article de Reuters « Merkel redit son opposition au partage du fardeau de la dette ». Je n'ai pas su comment réagir après la lecture, soit je compatissais à sa petitesse d'esprit ou alors mépriser puis accepter la mentalité que l'Allemagne des années prospères lui a refilé. Personnellement, je ne pense pas qu'avec son refus de mutualiser elle puisse parvenir à rester pérenne plus longtemps car le pays est – qu'elle le veuille ou pas – très dépendante des autres nations, rien qu'à voir le montant excédentaire de sa balance commerciale grâce à ses partenaires ; nous voyons bien qu'une faillite de ses derniers impacterait directement et négativement sur le pays d'outre-Rhin. On peut accepter que le pays soit un peu comme la lumière, l'espoir européen disons que c'est déjà une grande fierté non ?

 

Nous sommes dans l'urgence, notre économie va très mal des mesures sont là mais l'idéologie est toujours présente. Eh bien non, ce que trouve à dire la chancelière allemande est "Quand je pense au sommet, je crains qu'une fois encore, nous nous attachions trop aux différentes manières de partager la dette" ou encore son porte parole qui déclare "Mais la chancelière s'inquiète du fait que, juste avant le sommet européen, certains expriment encore le souhait de solutions prétendument faciles, plus particulièrement le souhait d'une responsabilité partagée" . Allons y, trouvons des solutions difficiles, avec des conditions drastiques une autre forme de no bail out, un Maastricht au carré, de l'austérité ou encore une croissance qui ne va pas faire des effets miraculeux (on est loin d'un plan Marshall), pas de licence bancaire, pas de restructurations ni de renégociations. Bref, quand je vois toutes ces déclarations qui d'ailleurs s’enchaînent depuis un bon bout de temps j'ai envie de dire : REMONTONS LE TEMPS ! Où est le fédéralisme, l'union, l'homogénéité, la volonté, la démocratie ? Enfin pas les significations actuelles reformulées de ces termes mais leurs significations primaire.

 

201107121546 zoomAujourd'hui il faut dire dépendance, intérêts personnels, panique, priorités... J'ai même envie de citer J.B Lamarck, naturaliste français du 18ème siècle (vous savez, l'époque où l'on réfléchissait vertueusement) qui résume bien les mentalités actuelles « L'homme, par son égoïsme trop peu clairvoyant pour ses propres intérêts, par son penchant à jouir de tout ce qui est à sa disposition, en un mot par son insouciance pour l'avenir et pour ses semblables, semble travailler à l'anéantissement des moyens de conservation et la destruction même de sa propre espèce ». Vous vous doutez que l'on peut utiliser cette citation dans tous les domaines - nos mentalités actuelles, l'écologie - C'est vraiment étonnant de passer de cette volonté de créer une union insécable qui fut l'utopie d'un temps à une hétérogénéité et d'un égoïsme sans comparaison. Je conçois que tout n'est pas si simple mais les principes d'éthique ne sont malheureusement plus au rendez-vous et sans morale nous irons droit dans le mur, d'où l'utilisation de la notion d'ésotérisme.

 

Nous sommes régis par loi qui elle-même dépend désormais d'un ordre plus important, celle de l'économie vaudoue (je ne généralise pas) et c'est ceci qui doit être réformée en profondeur car ces forces invisibles nous incite à prendre des directions « contre productives » et nous mène là où nous en sommes aujourd'hui …

Rédigé par OUALID Zohra

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Clovis Simard 16/07/2012 23:33

voir mon blog(fermaton.over-blog.com)

eco-euro 17/07/2012 00:07



Pas de soucis !



samagace69 10/07/2012 06:49

En ajoutant une note optimiste , il semblerait que le peuple islandais ait pris son destin en main en condamnant certaines banques et des membres du gouvernement de l'époque de pratiques
anti-constitutionelles . Comme quoi il ne faut pas désespérer de l'idée d'une démocratie perfectible.La démocratie participative par référendum existe (Cf Islande,Suisse ..).La prise de conscience
collective est déterminant pour rompre une logique financière borgne de sa propre fatalité.

eco-euro 17/07/2012 18:03



Bonjour, je suis absolument d'accord avec vous !



Elyes 26/06/2012 21:55

La démocratie comme tu l'entends, la démocratie pure, tient de l'utopie, si ce n'est pas du mythe, c'est un principe maintenant impraticable au sein des institutions d'une aussi grande ampleur.
C'est une illusion comme l'Etat dit démocratique, il ne l'est pas, on vit dans une démocratie indirecte ( avec quelques point de démocratie directe comme le référendum et encore... ) c'est à dire
on fait valoir notre souveraineté à travers des representants (art 3 de la constit' je crois bien via les députés etc...) car le direct introduirait le fait que tous devrions donner notre avis à
une loi et de manière personnelle, en discutant ensemble, ça va pour les petits groupes ou encore ceux ou les "citoyens" sont en très petit nombre ( Athène ) mais pour 60 Millions de
français...
Toute cette digression pour dire que l'avis du peuple selon le principe de la démocratie dans le cadre de l'économie est simplement impossible, sinon cela deviendrait un véritable calvaire et une
anarchie sans nom, et ça c'est bien, je te l'accorde un des nombreux disfonctionnements de l'économie...

Elyes 26/06/2012 20:57

On se trouve face à une chimère que l'homme à crée, qui est tombé entre les mains d'une sorte d'oligarchie qui voulaient s'enrichir en lui offrant plus de puissance, et qui finalement est devenu un
monstre sur lequel on a perdu tout contrôle, c'est ce qu'est devenu l'économie dans laquelle nous sommes plongé, une sorte d'Océan où même ceux qui pensaient pouvoir y nager s'y noient un par un...

eco-euro 26/06/2012 21:11



A force d'avoir voulu créer l'incontrolable nous nous trouvons maintenant incontrolés, je fais référence à l'assujetissement général face aux marchés. C'est dingue on a sauvé les marchés en 2008
et maintement on se fait clairement DRESSER par ces derniers. Ca me fait bizarrement rappeler (hors sujet mais fondamental) Deep Blue et Kasparov, étonnant non ? Ce qui me choque c'est que dans cette tourmente, le peuple est absent, inexistant et on ose parler de démocratie
(démos = peuple et kratos = pouvoir). Pourtant je ne vois rien, des peuples sont en train de souffrir des retombées (de ces mesures drastiques et faussement réconfortantes)
considérées comme étant minimes pour les dirigeants mais on sent clairement leur incapacité à agir au nom de la démocratie. Mais comme je l'ai si bien préciser dans cet article,
ces mots doux qui font rêver sont maintenant utopique.  Enfin bref merci pour ton commentaire ! T'as pu le faire ;-)