Mario Draghi reprend les commandes

Publié le 30 Juillet 2012

IMG 4589Comment résister à la tentation d'écrire quand c'est une nouvelle fois l'euphorie sur les marchés ? Alors que la crise est en train de prendre une toute nouvelle envergure avec des taux espagnols et italiens qui atteignent des records amoraux, Mario Draghi a préféré montrer une fois de plus sa fermeté optimiste devant les investisseurs. La BCE a précisé ce jeudi qu'elle allait tout faire pour préserver la monnaie unique dans les limites de son mandat. Par ailleurs, la dose d'euphorie a été déclenchée après la conclusion culte "Et croyez moi, ce sera suffisant". Ceci pourrait insinuer que la Banque Centrale Européenne reprendrait son rachat de dette, accorderait une licence bancaire au MES ou encore mettrait en oeuvre un nouvel LTRO. Comment rester dans le rouge après de tels propos ? Les marchés financiers sont fortement critiqués certes, ils contrôlent les pouvoirs politiques et économiques mais de qui dépendent-ils dans le fond ? De quoi ont-ils besoin pour stopper toutes pressions ? D''une voix rassurante évidemment et Super Mario Draghi a su trouver les bons mots surtout après une tentative infructueuse lors de sa déclaration post-sommet européen. Il reste toujours la question de la nature et de l'utilité de telles actions sur le long terme et en prenant en compte certains paramètres tels que la politique budgétaire et la politique "financiariste" actuelle... Face à ces déclarations, l'euro a pris des forces tout comme les bourses européennes, le vert est de retour et les taux d'emprunts sur les marchés obligataires espagnols et italiens se sont détendus. Nous nous doutons bien - et je l'ai assez dis dans mes billets précédents - qu'une euphorie est toujours éphémère (Rappelez vous de la déception des marchés face aux propos de Mario Draghi après le sommet de Bruxelles des 28 et 29 juin concernant son opposition au " laxisme monétaire ", une euphorie plus que passagère). Draghi a été ferme, optimiste, déterminé mais il faut pour cela des accords et surtout, comme l'a si bien dit J.M. Barroso, des résultats - que ce soit pour la Grèce mais également toute la zone euro -

 

En parlant de la Grèce, nous ne pouvons que rester pessimiste face aux mesures prises par le gouvernement. Que l'on soit intéressé ou non par l'économie, tout le monde peut en quelques mots décrire la situation du pays hellène sur le plan économique. Avec un chômage de 22.5 % et une récession qui risque d'atteindre la barre des 7 %, le pays se trouve une fois de plus sur la sellette avec un risque de défaut de paiement et celui d'une sortie de la zone euro. Par ailleurs, le pays se trouvant dans l'incapacité de respecter ses engagements, (comment rembourser une dette avec une machine économique en panne ?) la Troïka se verra dans la nécessité de procéder à une nouvelle restructuration de sa dette. Bon ne vous étonnez pas si le gouvernement souhaite en plus de ça, tourner la vis sur la cure d'austérité via des mesures permettant d'économiser 11,5 milliards d'euros en 2013 et 2014 avec - nous le savons - des coupes dans les retraites, salaires, prestations sociales et j'en passe. Il est connu de nos jours que la logique capitaliste prime sur la logique démocratique, car soyons francs, des manifestations changeront-elles vraiment la donne ? En bref, cette restructuration aura bien évidemment un coût, ce qui amènera forcément Draghi à intervenir avec un ultime plan "de la dernière chance ".

 

source image : boursedirect, CAC 40 du 26.07.2012

Rédigé par OUALID Zohra

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