Les eurobonds, pour plus tard !

Publié le 17 Juin 2012

 

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       source : LeMonde.fr

 

Suites aux messages forts envoyés par la France et l'Allemagne, nous pouvons affirmer que les liens se soient plus ou moins tendus ces derniers jours. Pas plus tôt que ce vendredi 15 juin, Angela Merkel avait communiqué une fois de plus son refus ferme de mutualiser les dettes européennes (eurobonds) en ajoutant que la médiocrité ne devait pas devenir l'étalon de la zone euro. Enfin, je ne sais pas si la médiocrité est l'ensemble des plans drastiques imposés par la Troïka et prôné par la chancelière allemande ou alors si ce sont les débuts de perspectives de sortie de crise.

 

Enfin, vous me diriez que nous sommes aujourd'hui le dimanche 17 juin 2012 et qu'Angela Merkel semble avoir marqué un point. L'hexagone s'est finalement aligné sur la logique allemande qui considère les eurobonds comme étant un point final et non un point de départ. Traduction : Aller vers plus d'intégration économique pour ensuite lancer ce projet de mutualisation. Comment aller vers plus d'intégration et de fédéralisme avec des politiques asphyxiantes qui les marginalisent ? Cherchez la contradiction.

 

Nous avons d'une part une chancelière qui croit dur comme fer à ses convictions et d'autre part un président qui croyait également beaucoup à ses perspectives de croissance (quitte à créer des tensions et des discussions franco-italiennes plutôt rassurantes) mais qui finalement se pencherait vers la logique germanique. Quelle determination ! Ce projet aurait pu aider à court terme les pays fragilisés par la crise et grâce à cela aller vers une intégration économique à long terme. Les euro-dettes gardent évidemment leurs inconvénients tels que la clause de no bail out (non assistance car les Etats sont au préalable responsable face à leur dette) qui ne serait pas respectée et qui amènerait les dirigeants à modifier le traité ou encore les pays "ruches" et leurs abeilles qui se sentiraient moins en sécurité, qui se verraient sanctionnés par une hausse de leurs taux d'intérêts (d'environ 0.5 points) non négligeable.

 

Mais soulignons que notre zone euro perd son influence lentement mais sûrement à l'échelle mondiale et que le seul moyen de s'en sortir est de tirer l'Europe vers le haut avec plus de fédéralisme.  Inutile d'expliquer pourquoi les eurobonds sont les ennemis des allemands, mais disons qu'il faut être (faussement) naïfs pour croire une seconde que dans une dizaine d'années ce projet ressortira du tiroir. Dans tous les cas, la France a choisi d'adhèrer et considèrer l'idée germanique "fructueuse" et par conséquent les euro-obligations, pour plus tard ! Comme l'avait si bien dit Keynes, à long terme nous sommes tous mort (surtout aujourd'hui me diriez vous !)

 

Des propositions ont été néanmoins confirmées telles que l'émission de " Project Bonds " pour 4,5 milliards d'euros (jusqu'à 10 milliards) avant septembre, une taxe sur les transactions financières ou encore la BEI qui devrait être recapitalisée de 10 milliards ce qui lui permettrait d'emprunter jusqu'à 60 milliards sur les marchés pour financer des projets d'infrastructures. Bref, environ 120 milliards d'euros consacrés à la relance économique en Europe d'ici fin 2012. 

 

Les sommets des 28 et 29 juin nous laisse un avant goût assez amer où certains dirigeants semblent facilement tirer leur épingle du jeu mais à ce rythme l'explosion de la monnaie unique ne dépendra ni du pays hellène ni ibérique mais d'un nationalisme imposant, d'intérêts à préserver et de méthodes infructueses qui ont été évoquées par R. Zoellick

Rédigé par OUALID Zohra

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