MMPRDC

Publié le 25 Janvier 2013

Rassurez-vous, pour ceux qui auraient froncé les sourcils, le titre de ce billet n'est pas en langue étrangère ;-). Le fameux MMPRDC devrait attirer l'attention des lecteurs du fameux « J'ai fait HEC et je m'en excuse » de Florence Noiville. Le MMPRDC – soulevé dans son livre que je vous conseille vivement de lire – est devenu si j'ose dire le maître mot du capitalisme. C'est un peu comme si le profit était l'objectif primaire, crucial voire inéluctable pour parvenir à la croissance et au bien-être. Bien évidemment, il ne faut pas ici avoir un esprit manichéen mais nuancé ; le capitalisme est à la base fondé sur la recherche d'une maximisation du profit par les firmes et du revenu par les ménages mais il n'existe pas non plus un unique moyen pour y parvenir. Ce concept même du capitalisme, réfuté par les marxistes, est aujourd'hui victime de multiples critiques pour sa marque de fabrique assez péjorative que je vais contenter de résumer Make More Profit and the Rest we Don't Care. Prôner la libéralisation des échanges (80's pour les capitaux), l'accroissement de la détention de capital, la mise en place d'un pouvoir actionnarial mais le tout demeurant sur la base de l'entreprise privée reste la définition primaire du système capitaliste.

 

http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/peace/laureates/2006/yunus.jpgJ'ai particulièrement aimé la façon imagée dont Muhammad Yunus a décrit le système capitaliste – nocif - de nos jours ; le célèbre créateur de la Grameen Bank et le prôneur d'un nouveau capitalisme – type social business – métaphorise ce système en une planète – Terre, même si une seconde planète serait parfaitement envisageable pour satisfaire tous nos besoins – contenant plusieurs axes routiers reliant les continents entre eux. Pour l'instant, rien de vraiment significatif. Ces routes seraient empruntées seulement par les poids lourds marginalisant ainsi les petites voitures et les bicyclettes. Je pourrais même ajouter – s'il ne l'a pas déjà fait – la présence de signalisations routières devant être respectées par les plus petits … facultatifs pour les plus gros. Yunus n'est pas marxiste – loin de là – mais on comprend néanmoins très bien à la lecture de son œuvre « Vers un nouveau capitalisme » qu'il n'a pas eu le prix Nobel de la Paix parce qu’il a énumérer les façons de réguler les marchés financiers ou encore pour avoir critiqué « l'actionnaire roi ». Mieux que ça, il a tenté de trouver une manière très différente de repenser le capitalisme de façon à ce qu'il y ait une sorte d'économie des retombées … non pour les salariés et la pérennité de l'entreprise en elle-même mais pour lutter contre la pauvreté - le profit pour les populations défavorisées et la mise en place du micro-crédit -. Certes, les banques souffrent, les marchés ont faim de risque – ou pas - , les États se battent pour rétablir leurs finances publiques mais les réels problèmes touchent les populations qui ont tout simplement souffert de la mondialisation et de l'ouverture - trop brutale - des frontières.

 

Aujourd'hui la crise qui affecte la zone-euro – ou la crise des pays riches - laisse très facilement à penser que le noyau est au « Nord ». Pourquoi la crise des pays riches ? L'incitation est tout simplement plus forte dans les pays développés ; plus on en a, plus on en veut davantage, plus on emprunte, plus on « artificialise » la richesse – la fameuse croissance à crédit -. La réticence, c'est pour les pays antérieurement victime des contreparties des Plans d'Ajustement Structurel par exemple. Peut-être ont-ils appris de « leurs erreurs » - je sous-entends ici l'incitation à l'endettement – et ainsi diminuer leur dépendance à l'emprunt les enfonçant ainsi dans la pauvreté. La crise de la dette devrait logiquement concerner les pays qui en ont besoin, qui n'ont d'autres choix que l'endettement mais ces derniers se contenteront du micro-crédit à quantité encore très réduit. Pour en revenir au MMPRDC, l'homme offre sa force de travail, sa productivité marginale est décroissante, tant que la firme peut encore s'en réjouir, elle embauche jusqu'à temps que le coût du énième travailleur égalisera sa recette marginale. En d'autres termes, tout est une histoire de coûts, le futur des travailleurs dépend … des coûts. Ceci est ainsi me diriez-vous, grand nombre d'économistes – L. Walras ou V. Pareto notamment – définissent l'équilibre ou l'optimum lorsque le profit des firmes est au maximum c'est-à-dire lorsque la productivité marginale égalise le prix de vente (ou la recette marginale). - cf. la théorie des coûts - …

 

Nous voyons très bien qu'aujourd'hui apparaît une sorte d'incompatibilité générale à l'échelle de la zone euro mais également à celle du monde. Les réformes imposées satisfont une partie au détriment d'une autre. Plusieurs courants se sont succédé au cours du temps – les classiques, les néo-classiques, les marxistes ou encore les keynésiens – chaque « chef de file » a réussis à imposer son point de vue, sa façon de penser à un moment donné. Il semblerait il serait à ce jour plus que nécessaire de repenser le capitalisme voire le financiarisme. Pas les bannir loin de là mais les transformer sur des bases plus utilitaires et adaptées avec la plus grande transparence. Ce billet reste volontairement très large et sans exemple précis laissant chacun apprécier son interprétation à son aise. Mais comme l'ont si bien souligné M. Yunus ou encore F. Noiville – lectures récentes à l'appui – il faudrait, d'une part mettre la mondialisation et les bien-faits du capitalisme au service de tous et au nom de l'utilitarisme et, d'autre part, former de futurs élites – dans le domaine de l'économie et de la finance - sur la base de l'éthique et non sur celle de la cupidité au nom du profit …

 

Vers un nouveau capitalisme - Muhammad Yunus

J'ai fait HEC et je m'en excuse - Florence Noiville

Source photo : Muhammad Yunus, nobelprize.org

Rédigé par Eco-euro

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