Un bon début d'année pour l'AFT.

Publié le 5 Janvier 2013

Beaucoup de voix s'étaient levées lorsque l'on évoquait une hausse des taux d'intérêts suites aux politiques menées par notre pays ces derniers mois. On entendait également parler de mésententes entre la France et la Grande-Bretagne concernant la politique fiscale considérée comme sévère. Or, nous constatons en ce début année 2013 que les marchés semblent satisfaits  - ou patients -  par la politique économique française actuelle. En effet, le taux d'intérêt à 10 ans (= OAT : obligations assimilables du Trésor) s'est élevé ce vendredi 4 janvier en fin de matinée à 2.12 % contre 2.16 % pour la Grande Bretagne. Les malheurs des uns font le bonheur des autres n'est-ce pas ? C'est un peu ce qui s'est passé ici ; les craintes des investisseurs sur un arrêt (?) du Quantitative Easing par la BoE (Bank Of England) mais également d'une dégradation future de sa notation, se sont traduites par des répercussions sur les taux intérêts  ...

 

Voyons en quelques graphiques la situation du GILT anglais et de l'OAT français entre 2010 et 2012.

- sources : http://www.tradingeconomics.com ; http://www.gecodia.fr ; http://www.banque-france.fr -

 

░░░░ Un phénomène nouveau pour la Grande Bretagne ? ░░░░

Bien que la situation ait fait parler d'elle ...

 

OAT et GILT

 

... Nous pouvons constater que les taux d'emprunts des bons à 10 ans émis par l'Agence France Trésor - AFT - ont déjà été supérieurs aux taux anglais au début et à la fin de l'année 2010 mais également courant 2011 avec des écarts non anodins. Certes, l'Angleterre n'est pas dans une situation semblable aux années 70 mais elle pourrait se dégrader d'après les anticipations de certains investisseurs. Par ailleurs, la situation économique anglaise n'est pas à envier quand on sait que - comme partout ailleurs - les restrictions dans les dépenses ne sont pas sans conséquences. Bref, le phénomène n'est pas nouveau en soit mais en l'espace de deux ans et après les nombreuses inquiétudes face au " futur économique " français, quand le marché fait plaisir, on le signale !

 

░░░░ En 2013, sur les marchés ;  ░░░░

 

Sur le marché obligataire français - titres OAT -

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Sur le marché obligataire anglais - titres GILT -

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Ajoutons que, d'après la BdF - Banque de France - les taux quotidiens à 10 ans français étaient de 1.9980 % le 28.12.12  ; 2.2465 % le 31.12.12 ; 2,0710 % le 02.01.13 et de 2.1150 % ce jeudi 3 janvier. Il a été annoncé que le lendemain, l'hexagone avait emprunté à un taux de 2,12 % soit à un taux qui suit la tendance haussière très discrète. Ceci confirme donc que la France a juste subi une retombée de la situation anglaise la positionnant encore et toujours en position d'intermédiaire ... Quelle chance !

 

░░░░ Influence des agences de notation ?  ░░░░

 

La divergence entre les taux et la situation économique nous amène logiquement à se poser une nouvelle fois la question de la crédibilité des agences anglo-saxonnes de notations - Fitch, Standard & Poor's et Moody's - . Hormis le fait que nous aimons les détester, elles demeurent toutefois les - trois - agences de notations les plus connues et les plus influentes aux yeux de nos investisseurs. La première grande question restera toujours de savoir quel degré de crédibilité ont ces notations vis-à-vis du contexte économique des États soumis à ces évaluations. La deuxième grande question est d'ordre logique ; Á quand l'agence européenne de notation évoquée cet été ? Laisser l'outre-Antlantique avoir le monopole de la notation pourrait sembler très incohérent mais apparemment il n'y a pas encore eu de projets bien concret pour remédier au problème donc " tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ". Toutefois, il est connu que les grands cachent les petits et c'est pourquoi, il serait très intéressant de se focaliser sur une agence de notation, certes beaucoup moins influente, mais plus réaliste sur la notation étatique ; Dagong Global Crédit Rating. Par soucis de transparence - d'après la SEC ; Securities and Exchange Commission - cette agence de notation n'a pas été accréditée par les États-Unis. Ceci étant, jetons un coup d'oeil sur les convergences de notations des pays entre - par exemple - Standard & Poor's et Dagong Rating (sources : le-trading.fr ; chartsbin.com).

 

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Nous aurions tendance à dire que l'agence de notation S&P semble être plus optimiste quitte à se demander si l'éclatement de la crise de 2008 n'était pas justement liée ... à un optimisme excessif.

 

░░░░  En somme, un AAA pour Cameron░░░░

Revenons dans l'euro-zone sous la surveillance des agences anglo-saxonnes...

 

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La situation sur le marché n'a pas vraiment de raisons pour figurer parmi les gros titres de la presse économique ; ce n'est qu'une conséquence et non une cause pour notre hexagone ; sa position reste inchangée, sous l'oeil de Bruxelles. Il conserve par ailleurs son AAA  (Fitch) contrairement à Moody's et Standard and Poor's  tandis que la note souveraine du gouvernement de D. Cameron continue de briller sous les yeux du monopole de la notation même si en effet, sa note se trouve menacé - notamment par l'agence Fitch si le pays ne trouve pas une solution à la réduction du déficit -  Soyons satisfait de voir que malgré la situation économique européenne morose, la France continue de profiter de taux historiquement bas (en espérant que cela ne mène pas à l'incitation à l'endettement ... ) et également d'un indice CAC 40 euphorique au plus haut (3730 points le 4.01.13). En bref, un très bon début d'année semble s'annoncer.

- source cours CAC40 : Leboursier.com

 

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Rédigé par Eco-euro

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Le credit pas cher 09/03/2015 09:04

Nous sommes en 2015 et les taux sont encore plus bas ce qui rend le crédit pas cher, mais parallèlement le budget de l'état est toujours en déficit et une hausse des taux us semble prendre corps avec la reprise outre atlantique.

Eco-euro 09/03/2015 17:30

Bonjour,

Oui, le jour où cet article a été écrit, il n'était pas anticipé - de ma part - que le rendement du 10 ans français allait suivre cette tendance baissière à la veille d'une nouvelle bulle. (?)

Les - fausses - embellies du paysage américain seraient en effet une des craintes qui alimenteraient la fin de ces baisses spectaculaires sur le marché obligataire voire actions. :-)