Un sommet qui s'achève, où en sommes-nous ?

Publié le 21 Octobre 2012

 

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source : BFM BUSINESS

Un sommet européen plus informel qu'autre chose qui réunissait les chefs d’États a eu lieu les 18 et 19 octobre à Bruxelles afin de mettre sur la table le fameux projet embryonnaire qui a suscité tant de réactions ; l'Union bancaire. Cette dernière n'était – évidemment – pas le seul sujet, y étaient inclus le cas grec, la taxe sur les transactions financières ou encore les inquiétudes asiatiques. Le but de ce sommet était, comme je le disais, axé sur l'Union bancaire. Ce projet a pour idée de mettre l'ensemble des banques les plus influentes de l'euro-zone sous la supervision de la Banque Centrale Européenne – soit un total de 6 000 banques. Bien-sûr, vous vous doutez bien que pour des raisons x ou y, certains pays ont imposé leur refus tel que l'Allemagne qui estime que son système bancaire n'a pas besoin d'être placé sous surveillance. Il n'y a plus vraiment de raison de s'étonner face à ce genre de réaction au jour d'aujourd'hui, admettons.

 

Le sommet de Bruxelles a permis à l'ensemble des chefs d'états de se mettre d'accord sur le calendrier - 2014 et non début 2013 - mais également à Angela Merkel de s'aligner face à ce projet et laisser ses banques sous contrôle européen – Ouh, une Allemagne sous surveillance-.  Bon, l'histoire ne s'arrête pas là évidemment, il n'y a pas d’assujettissements sans y laisser une trace de mécontentement et c'est pour cela que la chancelière allemande a déclaré que "les banques espagnoles ont un programme selon lequel elles peuvent être recapitalisées" et "il n'y aura pas non plus de recapitalisation directe à titre rétroactif" mais également « Quand la recapitalisation sera possible, elle sera seulement possible pour l'avenir ». Ces déclarations ont douché les espoirs espagnols et français qui prônaient avant tout la rétroactivité et cassaient la dépendance souveraine et bancaire.

 

2012-10-19T114730Z_993692368_GM1E8AJ1IWM01_RTRMADP_3_EU-SUM.JPGDésaccords sur désaccords, il ne faudrait pas que le pays outre-Rhin se lance dans une sorte de guerre des discours et casse les espoirs européens. L’Espagne reste toujours le centre de toutes les préoccupations et doit toujours se prononcer sur le recours au programme de la BCE – rachat de titres inférieurs à trois ans sur le marché secondaire – afin de sauver le système bancaire espagnol d'une crise de liquidités. Pendant ce temps, on s'amuse encore et toujours sur les marchés ; on reste hésitant, on garde espoir, des indices boursiers hétérogènes à l'ouverture et à la clôture, des agences de notation qui recommencent à faire la pluie et le beau temps « Junk or not Junk » – Á quand cette agence européenne de notation ? - Évidemment, faire pression sur l'Espagne en dégradant sa note souveraine (Baa3 par Moody's et BB- pour S&P) va contraindre le Pays à se décider rapidement sur cette aide. Côté grec, A. Samaras, premier ministre, a déclaré être convaincu que le pays recevra sa tranche d'aide d'un montant de 31,5 milliards d'euros fin novembre qui lui permettra d'éviter la crise de liquidité. Les négociations avec la Troïka – UE, BCE, FMI – restent très tendues concernant les réformes à mettre en œuvre – facteur temps quand tu nous tiens. Dans le cas échéant, la Grèce ferait sans-doute et une fois de plus, l'objet de discussions sur une éventuelle sortie de la zone-euro.

 

La taxe sur les transactions financières se concrétise petit à petit avec un total de dix pays prêts à la mettre en œuvre - France, Allemagne, Belgique, Portugal, Slovénie, Autriche, Grèce, Italie, Espagne et la Slovaquie – et ainsi, peut-être, créer une sphère d'influence et voir le nombre d’adhérents augmenter. Les recettes permettraient de relancer l'emploi et la croissance d'après François Hollande en plus des 1 % du PIB européen. En parlant de François Hollande, notre hexagone se rend compte lentement mais sûrement que le déficit à 3 % du PIB en 2013 est une prévision un peu trop irréaliste et fait l'objet de nombreux débats. En cette période remplie d'incertitudes et avec le handicap français sur le marché du travail - notamment les 3 millions de chômeurs,  il semble logique que se fixer des objectifs chiffrés et précis est tout simplement contradictoire. Faites en sorte que la bouée reste immobile quand la mer est agitée – Pour certains c'est possible apparemment.

 

Au sujet de la Chine, les chiffres macro-économiques sont ni bons ni mauvais ; bien que les exportations se soient envolées, la croissance tend à fléchir. L'Allemagne revoit aussi sa prévision de croissance à la baisse (1 %) liée incontestablement à la situation économique de ses voisins, peut-être devrait-elle se mettre à appliquer ses propres politiques imposées à l'extérieur pour espérer renouer avec la récession la croissance. Pour une fois, au FMI, le problème a été soulevé. Christine Lagarde a en effet évoqué sans gêne, à Tokyo le jeudi 10 octobre, qu'il fallait « plus de souplesse » dans les conditions et laisser du temps aux pays fragilisés pour remplir leurs objectifs.

 

imagesEn somme, la crise n'est pas encore prête de s'achever comme l'avait affirmé François Hollande - la veille du sommet - qui devait être probablement sous l’effet du stress. Il faudrait plutôt dire que nous entrons dans une autre phase de la crise, moins inquiétante qu'il y a quelques mois certes, mais tout reste à faire. Un ensemble de mesures plus ou moins bonnes, plus ou moins fructueuses, plus ou moins discutables sont présentes et montrent la détermination – tardive – de nos dirigeants à réagir après de longues années d'aveuglement. Le tout est de savoir coordonner l'efficacité et l'équité de chaque décision et éviter de les lier à des politiques budgétaires ou fiscales drastiques qui rendront ces petits espoirs vains.

Meanwhile, si vous permettez que l'on atterrisse, les manifestations et les appels à la grève générale dans les pays méridionaux s'accumulent dans le but de faire entendre leur voix. De plus, il n'est pas anodin de souligner que les suppressions d'emplois en France s'envolent – Alcatel, 1430 postes – et par conséquent, s'attendre à un inversement de la courbe du chômage en un an va finir par entamer le même type de concertations que les 3 % du déficit … ou encore faire l'objet d'un énième sommet, cette fois, franco-français.

Rédigé par Eco-euro

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