Une fin d'année mouv€mentée !

Publié le 11 Décembre 2012

       L'envie de réécrire ne m'est pas venue en claquant des doigts mais surtout en souriant devant le temps libre éphémère qui s'offre enfin à moi pour faire le point sur le contexte économique et – maintenant – politique. J'avais pourtant lu à plusieurs reprise qu'il ne fallait absolument pas lier économie et politique et que l'économie devait être indépendante de la politique mais j'ai aujourd'hui envie de dire que dans ce monde mondialisé, il n'y a plus de politique sans économie, plus d'économie sans finance et réciproquement ;-). Débutons avec le contexte européen macro-économique. On me reproche souvent d'être pessimiste dans la rédaction de mes billets mais si vous parcourez bien régulièrement les sites et les revues d'actualités économiques et financières, vous me diriez sûrement qu'il n'y a rien de rose à lire. En bref, pas une journée sans avoir entendu ou lu le champ lexical de la morosité « récession, croissance faible, baisse, contagion, hésitation ». L'OCDE a mis la cerise sur la gâteaux en prévoyant une croissance faible pour la région de la monnaie unique incluant l'Allemagne et l'hexagone.

 

monti-e-Berlusconi.jpg       Mini secousse sur les marchés cette semaine ! Appelons ceci comme vous le souhaitez «  Berlusconi, le retour » ou encore « Le technocrate, le départ ». En effet, l'ennemi des pro européens et donc des pro austérité (oui, manichéenne, certes) souhaite se présenter une nouvelle fois aux prochaines législatives ; ce souhait est accompagné de celui de Super Mario Monti (vous vous souvenez, celui qui a été considéré comme le grand sauveur lors sommet des 28 et 29 juin derniers avec Mariano Rajoy) qui a évoqué sa démission après la validation du budget italien pour 2013. Les marchés ont logiquement tremblé, notamment le marché obligataire avec une hausse des rendements italiens … et espagnols - rendement à 10 ans espagnol à 5,6 % contre 5,4 % ce vendredi 7/12/12 ! - Bien que Mario Monti n'ait été qu'un technocrate critiqué au début de sa prise de fonction, il a réussi à mener – globalement - de bonnes réformes sur le marché du travail même si la récession semble s'être installée. Un retour de Berlusconi serait donc théoriquement destructeur mais également contraire aux exigences de la « pro europe's team ». Je me suis plus particulièrement focalisée sur la réaction allemande et je dois dire que j'ai été surprise de voir à quel point les dirigeants pouvaient devenir – avec le temps – si prévisibles ! Le ministre des finances allemand Wolfgang Schäuble a déclaré « Nous nous attendons à ce que l'Italie continue de respecter ses engagements ». En somme, une situation encore très incertaine pour la zone euro et ses marchés. Cette mini secousse a eu un impact très limité sur l'euro à 1,29 $ contre un minimum de 1,288 $ dans la journée de ce lundi 10/12/12 et des clôtures très dispersées en Europe (CAC 40 en euphorie au-dessus des 3600 points).

 

bourse

cours du CAC 40 depuis le 4 décembre 2012 - source : bourse.lesechos.fr/bourse

 

       En parlant de la Grèce, bien qu'il y ait eu des efforts plus que considérables de leur part pour contribuer à la diminution du déficit, nous pouvons nous apercevoir des limites par nous-même ; un taux de chômage astronomique et des contestations qui se multiplient partout dans le pays. La Grèce a procédé à un rachat de sa propre dette (accord conclut avec le Fond Monétaire International) qui a été finalement reporté à mardi car l'objectif n'a pas été atteint … Je ne vous cache pas que ce programme est très flou pour moi mais tout ce que je peux dire, c'est qu'Athènes « retrouvera un niveau d'endettement soutenable » - définition de la soutenabilité à revoir – et ainsi recevoir sa fameuse tranche d'aide. L'Espagne reste quant-à-elle toujours aussi dubitative sur sa demande d'aide internationale mais il faut dire que la pression italienne et celle des marchés auront un impact sur les prochaines décisions espagnoles. Tout le monde connaît à présent le cercle vicieux et dangereux des taux d'intérêts sur les marchés – Le triomphe de « leur » cupidité pour reprendre J. Stiglitz -

 

Jean-Claude-Trichet-BCE-Georges-Papaconstantinou-m-copie-1.jpg       Présidence de l'Eurogroupe, voilà un sujet qui va sans doute faire beaucoup parler de lui (et faire naître des préjugés jusqu'ici passé sous silence) en cette fin et début d'année prochaine. Pourquoi pas une présidence allemande ? Espagnole ? Voire française avec notre ministre de l'économie et des finances Pierre Moscovici ? Un pays disposant encore à ce jour d'une réputation plus ou moins mauvaise – point de vue à évaluer - et d'une autorité très imposante en Europe vis-à-vis des pays fragilisés par la crise pourra-t-il être en mesure de présider l'Eurogroupe ? Quelles seront ses futures influences sur les futures prises de décisions ? Posons nous la même question pour un État – cette fois-ci – laxiste et pour un pays empruntant actuellement une route à destination très floue (notre hexagone). Nous pouvons nous attendre à un grand nombre de débats regroupant intérêts personnels et désaccords tout comme les débats infructueux qui ont précédé tels que celui portant sur l'Union bancaire, le cas grec ou encore le futur budget européen. Enfin, il faut dire que la communication semble s'estomper de plus en plus ces derniers temps au sein même de notre région auparavant considérée comme insécable …

 

       Pour conclure, c'est une période très tendue dans l'euro-zone mais également partout ailleurs avec, d'une part, une région Est qui souffre des chiffres des exportations et du recul progressif de la croissance ( Japon ) laissant la solution type bazooka envisageable et d'autre part, la région de l'Ouest qui se rassure avec des chiffres du chômage proches de ceux de 2008 mais qui souffre néanmoins d'un « grand G » à casser avant 2013 – fiscal Cliff – Bref, une fin d'année qui s'annonce remplie de surprises, il faut vraiment s'attendre à ce que le Père Draghi Noël lève son statu quo prochainement ou alors espérer que la principale résolution pour l'année 2013 sera un grand pas en avant sur la qualité de l'information mais surtout sur les impacts utilitaires lors des prochaines prise de décisions … et ainsi faire de cette crise de confiance, qu'un bon vieux souvenir ;-).

Rédigé par Eco-euro

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