Une fin d'été sur fond de spéculation.

Publié le 21 Août 2012

 

222027.jpg

 

Pas vraiment étonnant, un analyste du Forex m'avait dit en ce début de mois d'août que les marchés allaient connaître une période calme sans gros volumes d'échanges mais que ceci avait pour principale cause la spéculation sur une éventuelle intervention de la Banque Centrale Européenne. Tout ce que l'on peut dire, c'est que Super Mario Draghi a donné à manger aux loups, ce qui leur a permis de rester calme le temps que je revienne de vacances, génial.

 

La BCE n'a pas vraiment le choix, elle devra d'une manière ou d'une autre sortir son précieux bazooka – si intelligemment employé par Jean Pisani Ferry, Le réveil des démons – pour ne pas faire connaître aux marchés une nouvelle journée noire. Espérons au passage que l'opération recrutement en cours permettra à la BCE de faire de nouvelles avancées. Concrètement, il y a eu quelques avant-goûts - le rachat d’obligations si le pays concerné demandait officiellement de l'aide – mais aussi des rumeurs démenties telles que la fixation d'un taux à partir duquel la Banque Centrale Européenne interviendrait. Bien évidemment, vous vous doutez bien que des mesures « faciles » de ce genre font et ont fait naître – une fois de plus – des remarques provenant du pays d'outre-Rhin qui qualifie cette solution de « problématique ». Bien-sûr que ceci sera problématique ! Anticipons, les taux d'intérêts des pays en crise chuteront et s'ils chutent, le spread baissera aussi ce qui pourrait – POURRAIT – inciter les investisseurs à migrer ailleurs et qui résulterait d'un gain moindre pour l'Allemagne, aïe les taux négatifs – ou historiquement bas - se feraient probablement de plus en plus rare. Ceci reste une rumeur, qui a été très rapidement démentie par un porte parole de la BCE la qualifiant de « trompeuse », pauvres spéculateurs, vous m'avez l'air de jouer au grand huit ces dernières semaines et ce n'est pas fini, courage.

 

Par ailleurs, ce que l'on peut constater, c'est qu'il y a présence d'une sorte de quiproquo. En effet, bien que la BCE soit sous la lumière des projecteurs, la sphère germanique reste très imposante face aux mesures de M. Draghi. De ce fait, l'institution se trouve bien embêtée et – d'après Reuter.de – des responsables de la BCE soulèvent les nombreuses critiques  des dirigeants allemands car d'après ces derniers, les mesures évoquées sont contraires aux traités remettant en question l'indépendance de l'institution –. A-t-on enfin compris que face à une situation exceptionnelle, une solution exceptionnelle doit être apportée ? Apparemment côté allemand, c'est loin d'être le cas. Ces « solutions exceptionnelles » sont très attendues ; les marchés savent rester patients avec des actions bancaires dans le vert tout comme la devise de la zone euro aux alentours des 1,24 $ en attendant Super-Mario. Le plus triste dans l'histoire, c'est que de belles promesses et paroles suffisent pour calmer les marchés – combien de fois ai-je dis que nous étions à la merci des marchés amoraux ? - notamment les marchés obligataires espagnols et italiens avec des taux en baisse et sous la barre des 7 %. Il aurait fallu parler correctement avec un minimum de crédibilité plus tôt pour diminuer la charge de l'emprunt à 10 ans des pays fragilisés par la crise… Enfin, vous me diriez qu'on ne peut changer le monde.

 

Je finirais par dire qu'en attendant les déclarations qui feront « changer la donne » (!), la zone euro a encore beaucoup d’efforts à faire, tout comme notre gouvernement qui a su éviter la récession avec une croissance nulle. Des réunions devraient s'enchaîner avant la rentrée avec tout d'abord François Hollande qui rencontrera ce jeudi Angela Merkel à Berlin pour évoquer la crise de la zone euro et le cas syrien. Ensuite, vendredi, le premier ministre grec – A. Samaras – se rendra également à l'épicentre de la zone euro – Berlin – puis à Paris le lendemain. Bref, l'été s'achève, mais la chaleur caniculaire devrait encore persister sur les marchés en attendant sagement le jour où une nouvelle formule magique - provenant de l'institution qui fait rêver les spéculateurs et qui fait voir la vie des investisseurs en vert côté marchés de façon éphémère – provoquera de l'euphorie … ou réveillera lentement mais sûrement les souvenirs amers de l'été 2011 ...

Rédigé par OUALID Zohra

Commenter cet article