Vers un énième sommet ?

Publié le 7 Octobre 2012

crise_euro_h.jpg

source : tartrais.over-blog.com

Nous avons presque toutes les pièces du puzzle pour se permettre ce genre de question au jour d'aujourd'hui. Premièrement, les déclarations de Mario Draghi ne semblent pas envoûter tant que ça Mariano Rajoy qui reste toujours très réticent sur la demande d'aide européenne estimée à environ 40 milliards d'euros - 59.3 milliards au total -. Deuxièmement, soulignons que l'Italie devrait voir sa conjoncture se dégrader malgré les politiques menées par Monti et applaudis par l'Europe. Côté grec, mis à part le fait qu'Angela Merkel se rendra - pour la première fois depuis la crise - à Athènes rencontrer A. Samaras, le pays tente de remuer ciel et terre pour faire accepter à la Troïka leur futur plan d'austérité afin d'échapper à la crise de liquidité. La Grèce serait également prête à exploiter un gisement de gaz  - d'après Reuters - afin d'en tirer quelques milliards d'euros sur le moyen long terme.... Outre-Rhin, on ne se presse pas, enfin on se presse pour appliquer sa propre version du fédéralisme faussement vertueux pour une Europe meilleure.

 

Même si l'Allemagne a vu ses commandes extérieures reculer ce mois-ci, des conditions drastiques doivent être appliquées pour jouir d'une économie pérenne. Il n'est également pas anodin d'ajouter que l'hexagone perd petit à petit sa réputation de pays dit "intermédiaire" dans la crise de la zone euro ; avec une dette qui avoisine les 91 % du produit intérieur brut, la barre des trois millions de chômeurs et des politiques fiscales très strictes, la France serait prête à entrer dans la cage aux hamsters en 2013 plutôt qu'atteindre les 3 % du déficit ! Sinon, les taux espagnols jouent à la balançoire sur le marché obligataire et les investisseurs perdent lentement mais sûrement le sourire si joliment dessiné au crayon de bois par Super Mario Draghi. En somme, des successions d'évènements qui ne font pas forcément la première des journaux mais qui érodent sensiblement et rendent de plus en plus flou le mécanisme mis en oeuvre ayant pour fin le fédéralisme européen voire d'une véritable union. Il est évident et il ne faut pas être économiste pour constater que deux forces s'opposent :

 

  • La pression financière des pays du Sud de la zone euro qui se retrouvent contraints de demander une aide financière mais qui craignent simultanément la spirale récessive dans laquelle ils pourraient s'enfoncer encore et toujours sur fond d'austérité qui semble être la seule et unique contrepartie d'après les néo-libéraux financiaristes.

 

  • La pression politique et démocratique des populations et de certains gouvernements du Nord qui disent " subir la crise ", " payer pour les autres " ou encore faire ressurgir le laxisme via les mesures proposées et validées par la BCE. Bref, ces pays réfutent l'octroi d'une aide en direction des pays méridionaux qui ont dépensé sans compter pendant les années où la liquidité empoisonnée coulait à flot.

 

Population qui réagit négativement à l'aide proposée d'une part,

Population contrainte de subir l'austérité et ses effets néfastes d'autre part.

Population qui réagit négativement aux plans d'austérité d'une part,

Population contrainte de se taire pour trouver de réelles solutions à la crise...

 

Des désaccords idéologiques, économiques et politiques sont toujours présents, ils sont ancrés. Il est évident que chaque pays - comme chaque individu - ne peut être totalement aligné sur une logique utilitariste ; un minimum d'intérêts personnels pèsent sur la balance des mesures prises et la politique vaudoue d'aujourd'hui laisse un taux d'intérêts personnels à préserver supérieur aux normes, évidemment. De plus, le fédéralisme prôné par cette zone euro à première vue homogène laisse traîner des versions très hétérogènes - comme ses membres, logique -. En effet, deux types de fédéralisme sont à mettre en évidence : le fédéralisme du Nord et celui du Sud, étonnant ?

 

  •  Le fédéralisme du Nord - oserions-nous dire " allemand " ? - prône une homogénéité sur le contrôle des comptes. En d'autres termes, des politiques strictes COMMUNES seraient vertueuses pour l'Europe tout comme celles entre-prisent par l'Allemagne entre 2003 et 2005. L'austérité pour tous pour ceux qui souhaitent hyperboliser la thèse mais l'idée reste là. Une surveillance élevée sur les pays fragiles, une Troïka étatique ...

 

  • Le fédéralisme du Sud défend quant-à-elle une politique en forte corrélation avec les fameux eurobonds ou eurobills dans le but de mutualiser les dettes ou leur prise en charge sans vouloir paraître catégorique. Cette problématique, fortement défendue par certains pays dont la France semble être conservée bien au chaud dans le soucis de ne pas heurter la relation franco-allemande. Pour résumer, ces eurodettes seraient, pour la zone-euro-nord, l'occasion de frauder l'aléa moral voire le no bail-out dans certains cas ... 

 

Tant que ces oppositions demeureront, il sera quasiment improbable sur le long terme d'espérer pouvoir faire un pas vers un fédéralisme et une sortie de crise vers le haut. Comment pouvoir trouver des solutions relatives à des problèmes de formes quand ceux de fonds ne sont pas évoqués ? Comment espérer renouer avec la croissance quand les politiques restrictives sont mêlées à des économies en berne ? Comment vouloir marcher avec une union bancaire et y injecter des sélections ? Des questions auxquelles des réponses ne semblent pas être à la hauteur de nos dirigeants actuels malgré le signal des sages économistes et politiciens d'Allemagne, d'Amérique ou d'ailleurs refusant clairement la ligne néo-libérale qui aveugle les politiques. Toutefois, d'après le Fond Monétaire International, la croissance mondiale serait de 3.6 % avec une contraction de 0.4 % en 2012 dans la zone euro - une révision à la baisse serait envisageable ... -.

 

Dans quel sens vont les résolutions ? Sont-elles mises en oeuvre dans le but de sauver la zone euro ou dans celui de se protéger d'une quelconque contagion ? Réagissons-nous car la conjoncture se dégrade ou parce que les effets de la crise se font fortement ressentir dans les nids les plus sûrs ? L'éthique est le terme à soulever, à redéfinir et sur lequel une méditation ne serait pas inutile si on ne veut pas revivre l'histoire ou encore dépendre indéfiniment des sommets de la dernière phase ...

Rédigé par Eco-euro

Commenter cet article