FED : Les loups euphoriques

Publié le 18 Septembre 2013

----Montée ou descente ? Qu'importe. Le fait est que l'on se dirige aux enfers dans les deux cas.Tout va bien car tout va mal donc ça monte mais quand tout va mal, maman est là donc ça va aussi. Un peu d'amoralité pour ne pas « fight the trend » ne fait pas de mal, n'est-ce pas ? Certains auront compris où je souhaite en venir. Ben Bernanke est un comique, un vrai. Comme on dirait dans le langage familier, il a été le roi du « coup de pression ». Pas avec n'importe qui, obviously sa cible a principalement été, ce 18 septembre aux alentours de 21h45, les loups drogués marchés.

----Le discours tant attendu de « Super-Ben » a eu lieu. Tant attendu, oui, on pouvait sentir le cœur de l'EURUSD battre au rythme de 1.335$ avant la fameuse montée aux enfers. Pour être brève, les marchés financiers s'attendaient à l'annonce de l'année – et des années à venir, en d'autres termes l'opération « Tapering ». Souvenez-vous, ils avaient eu la réaction la plus anticipée qui soit : la peur puis l'adaptation. Quelques jours plus tard, ce fut au tour de « Super-Mario » qui a joué la carte « Don't worry, be happy » en assurant que la politique monétaire européenne restera aussi accommodante que nécessaire. A cet instant, notons que l'euro s'échangeait à 1.31$, le traditionnel effet Draghi qui ne devrait plus surprendre. La plupart des analyses montraient un fond de crainte liée à un futur ralentissement des rachats d'actifs – de l'ordre de 85 milliards de dollars par mois – La question qui se posait fut la suivante : Qu'en serait-il des impacts sur l'économie ? Pourra-t-elle supporter une diminution de la liquidité en circulation ? Weirdly, cela inquiétait la sphère financière … et non réelle. Bref, la tension était présente pendant que certains indices franchissaient des seuils.

----Jour J, Ben Bernanke étonne. Tapering or not Tapering ? Les markets étant désormais préparés psychologiquement n'attendaient qu'une simple confirmation. Surprise, ils ont eu droit à … rien. C'est en effet un peu réducteur de résumer ça ainsi mais c'est à peu près comme ça que les choses se sont faites. Il n 'y a réellement rien eu de nouveau sur le fond si ce n'est quelques prévisions qui seront de toute évidence revue à la hausse, ou à la baisse. Le fait est que la situation se résume assez facilement à « I prefer not to talk about my plans at this point »Well, until you'll find a way to create a real independance between economy and … liquidity without ending. En somme, patience. Vous vous douterez que ce statu quo désiré par la Federal Reserve n'a pas été sans conséquences. Au contraire, si je connaissais l'antonyme par excellence de « jeudi noir » , je l'aurais certainement employé. Indeed, l'euro a battu des records en s'échangeant à 1.35 $ - l'exceptionnel effet Bernanke - Les principaux indices américains – Nasdaq, S&P500 – ont également battu des records et n'ont pas hésité à sortir le champagne – ou devrais-je écrire, Ben a payé sa tournée. Nous avons donc assisté ce 18 septembre à une sorte de « triomphe de la cupidité ». Pour quelles raisons ?

source : BOURSEDIRECT – marché EURUSD 18/09/13

----Si l'on récapitule, les marchés financiers s'étaient lentement mais sûrement préparés à une réduction imminente du QE3 et certains facteurs tels que la faiblesse du niveau d'inflation, la situation géopolitique actuelle, les prévisions de croissance ou encore la fragilité du marché du travail et de la soutenabilité de la dette fédérale sans oublier le seuil des 3 % sur le dix ans américain ont impacté sur la décision finale – La grande contradiction est là ; nous constatons que les marchés sont attirés par la liquidité et que, par conséquent, sans cette dernière, l'inquiétude se manifeste excessivement. Deuxième contradiction, l'économie financière semble visiblement consentante à une fragilité progressive de l'économie américaine. STOP, que dis-je, les prévisions évoquées par Ben Bernanke relèvent du long terme … . Tant qu'il est possible de remettre les problèmes au lendemain, c'est parfait. En attendant, tant qu'il y a de la liquidité, il y a de la joie. Pour conclure, cette fausse mauvaise - bonne ? - nouvelle a traversé l'océan pour faire sourire le CAC à l'ouverture principalement sur les valeurs bancaires mais également sur les indices des pays émergeants ainsi que sur le marché des devises. 

----L'euphorie est malheureusement – comme j'ai l'habitude de l'écrire – toujours éphémère sur la planète finance car la probabilité que les États-Unis connaisse le « shutdown » est loin d'être nulle. Les élections allemandes vont être cruciales tout comme la situation politique italienne. Bref, tout bonne chose a une fin … plus ou moins heureuse. Alors en attendant, laissons Ben et les markets fêter leur « montée » aux enfers dignement.

Rédigé par Eco-euro

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