Une crédibilité hexagonale qui brûle à petit feu.

Publié le 26 Avril 2013

   Il n'est pas question ici d'évoquer la crédibilité politique après le scandale Cahuzac car ceci supposerait que l'on accepte de déclencher des ricochets de faits en tout genre  et discuter d'une affaire faussement choquante quand on vit dans un monde où « le vice prospère » me paraît incohérent. [D. Cohen]. Il est sujet de la crédibilité française en matière économique. Alors que François Hollande déclarait en octobre dernier que la sortie de la crise de la zone euro était proche, certaines péripéties accompagnées de conséquences plus ou moins négatives ont permis à notre président de se rendre à l'évidence et de déclarer qu'il fallait [finalement] beaucoup plus de persévérance face à une crise « exceptionnelle ». Ce mea-culpa pourrait-il remettre en question les objectifs antérieurement fixés tels que l'inversion de la courbe du chômage fin 2013 ou encore les prévisions de croissance ?

 

   Bien que notre marché du travail cherche vainement un anesthésiant, l'optimisme semble rester au rendez-vous. En effet, les souvenirs amers de 1997 resurgissent – Marx nous avait prévenu, celui qui ne connaît pas l'histoire est condamné à la revivre – avec un record de chômeurs en catégorie (A) portant le nombre à 3.224 millions en mars soit une hausse de 1.2 % par rapport à février. Le chômage, très sensible à l'état de la conjoncture, devrait continuer sur sa lancée selon le FMI et l'OCDE. Qu'en est-il de la crédibilité hexagonale à l'échelle de la zone-euro quand on associe la France à l'Outre-Rhin en matière de stabilité ? François Hollande persiste sur son objectif d'inversion de la courbe fin 2013 … Est-ce compatible avec une croissance qui devrait être quasi nulle ? L'économie française fait en sorte que les ménages préservent leur emploi au détriment de quelques chômeurs supplémentaire mais il n'est pas anodin de souligner que ces derniers ne sont pas « gratuits » et coûtent autant à l’État par le biais des indemnisations. On entend certains économistes évoquer un possible ajustement des salaires car il est vrai que notre pays opte pour la rigidité pour tout contexte économique … Mais qui souhaiterait voir son salaire diminuer quand on prévoit un pouvoir d'achat en chute libre pour les jours à venir ?

 

   Pouvoir d'achat … Une petite mesurette a été évoquée à ce sujet pour cet été : le déblocage de l'épargne salariale. Une idée qui m'a personnellement fait réagir quant-à l'objectif que nos dirigeants pensent atteindre. D'après ces derniers, ce déblocage permettrait de relancer la consommation et ainsi créer de la croissance à court-terme. Il est particulièrement tentant de vouloir faire du « trop peu trop tard » - ça faisait longtemps tiens – en ayant constamment à l'esprit que la propension marginale à consommer sera plus importante du fait d'une hausse du revenu – respectivement à la célèbre loi psychologique fondamentale keynésienne – sans se focaliser sur l'effet d'une conjoncture détériorée sur le niveau – faible – d'optimisme des français. Un récent sondage CSA montre que plus de la moitié de la population ne voyait pas encore la fin de la crise. Par ailleurs, avec un pouvoir d'achat qui devrait diminuer, il est bon de se demander ce qu'il en sera de l'efficacité de cette mesure.

 

   J'ai eu la chance d'évoquer le problème en quelques mots – tweet – qui a été soulevé sur BFM BUSINESS - voir ici  concernant l'effet très limité d'une telle mesure. « Notre conjoncture se dégrade. Ce déblocage se traduira par un flux d'épargne par peur d'une baisse future du pouvoir d'achat » ai-je fait remarquer. Les réactions furent homogènes ; le peu de personnes qui consommeront grâce à ce déblocage – statistiques à l'appui – permettront à l’État de dégager quelques millions d'euros, somme « conséquente ». À l'heure actuelle, notre marché du travail demeure très fragile et attend avec appétit les futurs effets des emplois d'avenir, contrat de génération mais surtout un retour suite aux concertations franco-chinoises – en cours – qui auraient un lien avec la création d'emploi en France … Patience. Une crédibilité sur la sellette en attendant que l'hexagone agisse et bénéficie également de son délais pour réduire le déficit – ce qui est fortement contesté par le président de la Bundesbank, Jens Weidmann contrairement à J. M. Barroso qui encourage cette démarche -

 

   Pas d’autarcie et finissons par prendre la température dans l'eurozone. Pluie de chiffres ces dernières semaines avec des constats plus ou moins bons : L'Espagne sombre dans la récession, ce qui se traduit par un chômage qui touche 27.16 % de sa population au premier trimestre (six jeunes sur dix). La Grèce quant-à-elle reste l’État qui recense le taux le plus important en janvier 2013, 27.2 %. Des taux deux fois plus élevés que la moyenne européenne (12 % en février 2013). En ce qui concerne la croissance, la Grande Bretagne échappe à la récession (+0.3 % au premier trimestre) et une prévision de croissance qui fait sourire les Allemands (+0.5 % fin 2013 ; +1.6 % en 2014).

 

   Ces dégradations progressives remettent encore et toujours en question les politiques économiques tant prônées ; bien que grand nombre de spécialistes aient souligné les limites des mesures d'austérités, il est logique que « le pouvoir ne souhaite pas que les gens comprennent qu'ils peuvent provoquer des changements » Noam Chomsky. 

Rédigé par OUALID Zohra

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microneedle roller before after 05/02/2014 12:40

I really like this post, i enjoy every minute reading it. It's cool, that author decided to write on this theme.Francois Hollande is going through troublesome phase as intended all through.It is a matter of utmost concern.